Muileata : Diamond Mine


 
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 Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]

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Sylvane Lothiriel
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MessageSujet: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Sam 22 Sep - 16:43

J’ai envie de vomir. J’ai le cœur serré, la gorge nouée. Mes pensées ne sont qu’un fatras indescriptible, mon esprit est brouillé. J’ai froid, j’ai chaud, je tremble. J’ai peur.

Mais comment ne pas être dans un tel état ? Depuis mon arrivée ici, je ne suis que nerveuse, angoissée. Perpétuellement stressée. Le moindre bruit me fait sursauter, le moindre contact manque de me faire hurler. Je ne supporte pas cet enfermement perpétuel. Je deviens folle.
Je vous laisse donc deviner ma réaction lorsqu’il est arrivé. Cet homme. Ce… vampire à l’étrange visage, défiguré presque par l’étrange couleur de sa peau et de ses cheveux. Je n’ai jamais vraiment fait de distinction entre les gens, beaux, laids, etc, mais je dois avouer qu’il est vraiment effrayant. Enfin, encore plus qu’un vampire « normal » je veux dire. Et la façon dont il m’a regardée quand nous nous sommes vus pour la première fois. Un chat face à une souris. Comme Eirnol a-t-il pu laisser un tel homme, une telle créature s’introduire sous son toit ? Je refuse de m’abandonner à ce monstre. Je ne suis pas un plat de viande.

Recroquevillée, prostrée sur mon lit, je suis là à attendre, tremblante de peur. Enserrant mes genoux de mes bras, je tiens mes jambes serrées contre ma poitrine, les yeux clos, tentant vainement de me calmer. Me mordant les lèvres jusqu’au sang. J’ai peur. J’ignore ce qu’il va me faire. Comment cela va se passer. Il est évident que cela sera douloureux, je n’en doute pas. Mais j’ai appris que la précédente Falmari de mon « maître » était décédée suite aux morsures infligées par un vampire Ce qui n’est pas pour me rassurer… Et l’idée que quelqu’un vienne boire mon sang me répugne. Non, vraiment, je ne veux pas…

Désespérée, je jette un regard dehors, par la petite fenêtre qui éclaire ma chambre. Il fait nuit. La lune éclaire la ville, baignant les rues d’un éclat argenté. Il ne va pas tarder à venir…
Déglutissant péniblement, je me relève, maîtrisant la nausée qui monte en moi. Je hais cette attente, cette angoisse qui augmente un peu plus à chaque minute qui passe. Que fait-il ? Pourquoi ne vient-il pas ? Un sanglot étranglé s’échappe d’entre mes lèvres, et je dois lutter pour ravaler mes larmes. Pas maintenant. Ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas le moment.

J’ai l’impression que je vais défaillir d’un moment à l’autre…

Cherchant vainement à m’apaiser, je pose mon regard sur l’un des lys posés sur la table basse posée un peu plus loin, près de la fenêtre. Et doucement, je m’en approche. Effleurant les pétales blancs du bout des doigts, comme si par ce simple geste, je parvenais à chasser mes tensions. Par pitié, faite que tout se passe bien.

J’ai peur…

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Sam 22 Sep - 17:10

Je toque doucement à la porte. Ce n’est pas ma faute… C’est ma race qui m’impose de faire cela. Je leur fais peur… Les falmaris… Je leur fais peur J’arrive déjà à faire peur aux humains… Mais encore une fois. Ce n’est pas ma faute… Je ne voudrais pas… Mais rien qu’un regard vers moi, suffit à donner envie aux autres de s’écarter de moi. Et en plus… Cet acte barbare que je suis obligé d’accomplir chaque semaine. Ce n’est pas pour arranger ma réputation. J’aimerais bien, moi aussi, me contenter d’un plat de frite, d’une salade, de je ne sais pas quoi d’autre, mais je ne peux pas… Mon organisme a besoin d’autre chose, d’autre chose d’important, sans le quel je ne pourrai vivre. Du sang… Du sang de falmaris. Ces pauvres créatures, comme nous… Réduites à l’esclavage, innocentes, vivant dans les forêt, dans le respect de la nature, ne demandant rien qu’un point d’eau et la lumière du soleil. Ma race elle… Demande l’obscurité, et du sang, nous sommes tellement opposés, et pourtant, tellement proches. Nous ne demandions rien à personne, et les humains sont venus troubler cette paix, en nous faisant travailler pour eux.

Ce que je ne sais pas… C’est que les vampires, contrairement aux falmaris, l’ont bien cherché. Mais j’ai vécu toute ma vie chez mon maître, puis, dans une boutique obscure. Personne n’a cru utile de se charger de mon éducation, de m’apprendre l’histoire de mon peuple, et de celui des humains. Je ne sais pas qu’il y a encore deux siècles, j’aurai été, moi, à la place de cet homme qui m’a acheté hier. De toutes façons, je n’aime ni mon statut de vampire, ni mon statut de demi homme. La raison pour la quelle je n’aime pas les hommes, et n’ai aucune confiance en eux, semble évidente. Celle pour la quelle je n’aime pas être un vampire… Idem. Cependant, il y a une nuance. Je n’aime pas être un vampire, en revanche, je n’ai rien contre eux. C’est juste que… Je ne suis bien sur pas fan de mon statut d’esclave, et du fait que je doive régulièrement me nourrir de sang. Je n’aime pas faire peur… Je n’en peux plus de ces regards terrifiés dès qu’ils se posent sur moi… et là… Je le sais… Ce sera pareil.

J’entre, et referme doucement la porte. Elle est là, je la vois en contre jour de la lune, juste devant la fenêtre. Je ne vois qu’une silhouette noire, et pourtant, je sais déjà, rien qu’à la forme fine et délicate de sa silhouette, qu’elle doit être, comme tout les falmaris, magnifique. Et moi… Moi qui arrive, repoussant, effrayant, pour boire le sang de cette innocente créature… Elle aussi a été achetée que je sache, je n’ai rien contre elle… Certes, les humains disent de moi que je suis insupportable, parfois dangereux, elle en a peut être même été prévenue. Mais… Pourquoi serais-je ainsi avec elle ? Elle aussi préférerait être au dehors, libre, parmi les siens. C’est là bas qu’elle devrait être, c’est là bas que chaque falmaris devrait être… Ces êtres ne peuvent pas vivre enfermer, les plantes, ne peuvent pas vivre enfermées.

J’incline ma tête, pour la saluer. Que dire, ou que faire dans pareille situation. Elle doit être terrorisée, par la vue de ma personne, et par l’idée que je suis là pour… Car même si je prends l’air le plus doux possible, je ne peux pas changer mes yeux, la couleur de ma peau, ma carrure assez impressionnante…


-Bonsoir mademoiselle…

Je m’approche, presque timidement, en baissant le visage. Ce n’est pas la peine d’arriver tête haute, pour l’intimider encore plus. D’ailleurs, je pense qu’à ce moment là, la personne la plus intimidée n’est pas celle que l’on pense. Je crois… Je crois que je suis encore plus intimidé qu’elle. Elle magnifique… Et moi, ombre de ce que j’étais avant… Que dire pour la rassurer. A-t-elle connu vampires cruels et voraces dans sa vie, pour être ainsi terrorisée ?


-Je… Je suis navré de devoir faire cela.
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Sylvane Lothiriel
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Sam 22 Sep - 18:20

Tout à coup, quelqu’un toque à la porte. Je suis tellement nerveuse, tellement effrayée que je sursaute violement, mon cœur faisant un bond phénoménal dans ma poitrine, avant de me redresser brusquement. Le souffle court. Il est là… Que faire ? Par pitié, aidez-moi… Déjà, il entre, poussant doucement la porte derrière lui. Un air désespéré sur le visage, je vois cette porte se refermer lentement, me barrant toute chance de salut. Prise au piège… Retenant ma respiration, je ferme brièvement les yeux, tentant de maîtriser mon corps qui tremble, tel une feuille morte balayée par la brise d’automne. D’ailleurs, je le serais peut-être bientôt. Morte… Il suffirait d’une fois seulement… Une soif, une faim trop grande, démesurée, un excès d’humeur, de violence, un mauvais jour… Cette créature tient ma vie au creux de ses mains – ou devrais-je dire de ses dents ? – et cela me rend folle.

Mais qu’est-ce que je fais ici… J’ai du mal à croire qu’il y a encore quelques jours, je vivais paisiblement, à des centaines de kilomètres d’ici, perdue au beau milieu de la forêt, isolée du reste du monde… Je n’arrive pas à le croire en fait. Tout ici semble si… morne, si triste… Comme si toute cette ville était déchirée par la grisaille qui semble s’être installée dans le ciel depuis maintenant trois jours. Et cet endroit est tellement petit. Oh, je suppose que, comparé à certains, et comparé à l’endroit où j’étais auparavant, avant la venue d’Eirnol, je suis plutôt bien lotie. Mais comment comparer un petit appartement à une immense forêt ? Je ne supporte pas, plus cet enfermement continu. Je ne suis pas faite pour vivre enfermée. Je suis une plante. J’ai besoin d’eau, de soleil… et d’air. D’espace. De liberté… Je vais finir par devenir folle, par dépérir cloîtrée ici.

Mais trêve de bavardages. Je crois que le moment est mal choisi pour penser à tout cela. Inspirant profondément, je regarde le vampire qui se tient devant moi, une lueur de crainte au fond des yeux. Et, au contraire du reste du monde, ce n’est pas son apparence qui m’effraye. Mais ce qu’il représente. Pour moi, pour nous tous… Je dois admettre qu’il ne ressemble pas au genre d’homme beau et séduisant qui ferait tomber la plupart des femmes. Mais vu d’un certain point… Il n’est pas horrible, comme ce que l’on m’avait dit. Et ce que tout le monde pense. Grand, la peau pâle, légèrement grisâtre… L’on pourrait passer sur cela, mais j’avoue que ses yeux sont… particuliers. Si il ne me regardait pas de la sorte, je pourrais croire qu’il est aveugle.

A son salut, je réponds d’un signe de tête, imperceptible presque. Aucun son ne sort de ma bouche. Et de toutes manières, même si je n’étais pas si peu loquace, je pense que je n’aurais pas proféré un seul mot tout de même. Ma gorge est serrée, nouée, mon cœur bat la chamade. Je suis littéralement morte de peur.

Et pourtant, chose curieuse, j’en viendrais presque à croire qu’il est presque aussi intimidé que moi. Rien que de la façon dont il baisse la tête. Pourquoi ? Il vient se nourrir, non ? Il est en position de force, c’est lui qui domine, en ce moment même. Je ne vois vraiment pas de quoi il aurait peur. C’est pourquoi, lorsque je l’entends s’excuser, je le regarde avec de grands yeux, ébahie, sans oser y croire, reculant d’un pas. Navré ? Je me demande qui est le plus navré des deux… Non pas que l’idée de me faire à moitié ouvrir la gorge et de me faire sucer le sang ne me réjouisse, mais presque… Si il est si navré que ça, il n’a qu’à aller se nourrir ailleurs. Où ça ? Je l’ignore donc ! Mais les vampires ne peuvent pas se nourrir UNIQUEMENT de sang de Falmaris ! Si… ? D’ailleurs, quand je relève le regard vers lui, j’ai presque envie de lui cracher ces mots à la figure. Une drôle de lueur brille dans mon regard ? De la haine ? De la peur ? Du défi ? Je ne sais pas. Les trois à la fois peut-être… Non. Pas de la haine. Même si la raison de sa venue ici me dégoûte, je ne puis lui en vouloir. Après tout, il n’a rien demandé. Au départ, il devait sûrement être comme moi. Libre, sans toutes ces contraintes, cet esclavage forcé. J’ignore exactement la raison de la présence des vampires ici. Tout ce que je sais, c’est que je veux qu’il s’en aille. Mais je ne puis lui en vouloir de vouloir venir se nourrir. Et puisqu’il regrette… ? La preuve qu’il n’est pas si mauvais que ça, non… ?

Résignée, je pousse un léger soupir, avant de me laisser tomber sur l’une des deux chaises se trouvant dans la chambre, détournant le regard, tournant légèrement la tête. Puisqu’il le faut… Mais qu’il fasse vite. Plus vite tout ceci sera terminé, et mieux cela vaudra…

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Sylvane

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 23 Sep - 12:19

Le regard qu’elle me lance m’attriste profondément. Pourtant, je devrais être habitué à avoir ce genre de regard sur moi, mais à chaque fois pourtant, cela fait mal… Mal de savoir que la seule chose que l’on est capable d’inspirer à autrui, c’est la peur, la haine, le dégoût…Je soupire. A quoi bon parler, elle aussi me voit comme un monstre, cela ne changera pas, quoi que je fasse. Sauf si peut être je me laisse mourir de soif, en ne mordant plus un seul falmari, et que je me mets un masque… Je décide donc d’arrêter une bonne fois pour toute d’essayer de me faire accepter des autres. C’est à chaque fois la même réaction, alors à quoi bon me faire de faux espoirs. Je vais juste prendre la ration de sang servant à ma survie, et m’en aller, comme je suis venu, retourner dans ma chambre, ou bien alors travailler, ça, c’est selon l’humeur du jour d’Eirnol. Il m’a dit hier que si je me tenais à carreaux, il ne m’enverrait pas travailler tous les jours. Je ne sais pas si on peut considérer que je me suis tenu à carreau avec lui, je le pense en tous cas, mais une chose est sur, il n’aura jamais rien à me redire vis-à-vis de mon comportement avec cette femme.

La pièce est sombre, une personne normale n’y verrait presque rien. L’endroit n’est éclairé que par les quelques rayons de lune argentés passants par la fenêtre. Mais moi, avec mon regard perçant, j’arrive parfaitement à distinguer le moindre détail autour de moi. Je suis la jeune falmari des yeux, pour la voir s’asseoir sur une chaise dans un soupir. Le fait qu’elle n’ait répondu à aucune de ms paroles prouve bien qu’elle ne veut rien avoir à voir avec moi. Ses gestes disent clairement « fais ce que tu as à faire et va t’en ». C’est ce que je vais faire. Ce n’est pas la peine de l’effrayer encore plus. Et puis… Il suffit que je fasse ne serait ce qu’un geste qui lui déplaise, et le maître en serait avertit. Et de là, je pourrai dire adieu à mes journées de repos dans la semaine… Autant faire profil bas.

Je m’approche d’elle, et passe derrière la chaise. Ce n’est pas vraiment très pratique. J’ai encore très mal au dos, et me baisser pour récupérer son sang m’arrache une petite grimace de douleur. Pour commencer, je ne fais que dégager sa nuque de ses beaux cheveux roux –dire que les miens ont un jour été aussi soyeux- et les mettre sur le coté, les passant devant son épaule. Son corps est si fin, si pâle, elle semble tellement fragile… Sa peau est pâle oui mais… Je regarde la main, posée sur son épaule. Sa peau est pâle, oui, comme moi… Et pourtant, elles sont différentes. La sienne est blanche, la mienne grise… Je retire rapidement ma main de l’épaule de cette jeune femme –dont je ne connais toujours pas le nom d’ailleurs- je n’aime as voir la différence si frappante qu’il peut y avoir entre nous… Entre une personne belle, et moi… Je caresse doucement sa nuque, l’effleurant à peine du bout des doigts. Da peau est douce, et si fine. Une cicatrice y resterait longtemps. Je suis désolé… Désolé mademoiselle de devoir faire cela.

Je cherche ensuite à tâtons, dans la poche de ma veste, ce que j’ai pris dans la cuisine, juste avant de venir. Oui, car je ne suis pas un vampire comme les autres… Mordre quelqu’un laisse des traces énormes, de plus, c’est extrêmement douloureux pour la personne mordue… Je n’ai mordu les falmaris que dans ma jeunesse, quand je ne me rendais pas compte du mal que je leur faisais. Je sors un couteau de ma poche. Un couteau que j’ai pris soin de laver, et de désinfecter. C’est un petit couteau –de cuisine, je n’ai pu trouver que cela- que j’approche doucement de sa nuque. Cela piquera un peu, mais ce sera au combien moins douloureux qu’une morsure. Je respire un bon coup, encore pardon jeune demoiselle…

Je pose alors la lame sur sa peau. Je prends bien soin de le faire assez haut, et à un endroit où je suis sur que la cicatrice sera masquée par ses cheveux cuivrés. Je n’incise pas encore. Le contact de la lame froide peut la faire sursauter. J’attend quelques secondes, le temps qu’elle s’habitue à cette présence sur son corps d’albâtre. Enfin, j’enfonce la lame dans sa chaire, peu profondément, très doucement, pour ne pas lui faire mal. Je le fais juste assez pour la faire saigner, c’est tout de même pour cela que je fais ce que je suis en train de faire, à mon grand regret. Je reste silencieux, et fais une coupure d’environ 5cm de longueur, un peu moins. Le sang coule déjà sur sa peau pâle. Je range le couteau dans ma poche, et attend qu’il y ait un peu plus de ce liquide rouge. Je n’en ai vraiment pas besoin de beaucoup. J’ai été rationné pendant 5 ans, une quantité infime me suffit. Quand la quantité me convient, j’approche doucement mon visage de son cou, l’effleurant avec mon souffle chaud, et je passe ma langue le long de sa blessure, pour récupérer ce précieux liquide vital.

Je me redresse alors, et pose sur sa plaie un mouchoir en soie blanche, que j’ai trouvé dans la maison. Je venais de le sortir de ma poche. Je frotte très doucement la blessure avec, pour la nettoyer, puis, je maintien l’objet sur la coupure, pour arrêter le sang. Je suis resté silencieux pendant tout l’acte, j’ai encore du l’effrayer. Je m’en veux à présent. J’aurai du au moins la prévenir de ce que j’allais faire. Sentir que quelqu’un lui tranchait en partie la gorge n’avait pas du être chose agréable pour elle… Pour me rattraper, et rompre ce silence pesant, je lui dis :

-Merci…

Sans pour autant enlever le tissu blanc de son cou. Je reste donc planté là, derrière elle, sans rien ajouter.
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Sylvane Lothiriel
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 23 Sep - 13:25

Pendant quelques secondes, j’ai des remords. Oui, je m’en veux d’avoir été si… froide avec lui, presque méprisante. Je suppose qu’il n’a pas vraiment bien pris le regard que je lui ai lancé. D’autant plus que je ne prononce pas un mot. Les personnes me connaissant depuis longtemps savent que je suis ainsi, que c’est pour ainsi dire naturel chez moi, mais lui, les autres… Prendrait-il mon silence pour du mépris ? Du dégoût ? Je l’ignore…
Et puis pourquoi me tracasserais-je pour lui aussi ? Après tout, c’est un vampire, et il est venu ici dans l’unique intention de… Bref. Alors, je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais me montrer amicale, souriante et courtoise. C’est comme avec Eirnol. Je n’ai rien à voir, rien à faire avec ces gens là. Je veux rentrer chez moi… Même si à présent, mon « chez-moi » n’existe plus. Partir d’ici, c’est tout ce que je souhaite.

Lentement, il s’approche de moi. Est-ce la peur qui me fait divaguer, ou ai-je vraiment, en le voyant, l’impression de voir un fauve se diriger félinement vers moi ? Souplement, il passe derrière la chaise sur laquelle je suis assise, ce qui n’est pas pour me rassurer. Quitte à devoir subir cette épreuve, je préfèrerais voir ce qui m’attends. Ainsi positionnée, j’ai l’impression d’être prise au piège. Même si je peux m’enfuir à tout moment. Et lorsqu’il passe sa main dans mes cheveux roux pour dégager ma nuque, effleurant celle-ci au passage, je ne peux m’empêcher de frissonner. D’ailleurs, est-ce à cause de ce geste ou à cause de son autre main, posée sur mon épaule ? A nouveau, je frémis, avant de fermer les yeux, déglutissant péniblement. Tout va bien se passer…
Du moins, j’essaye de m’en convaincre. Mais, étrangement, je suis moins angoissée qu’auparavant. Et, contre toute attente, cette main sur mon épaule, qu’il vient de retirer, le bout de ses doigts qui caressent à nouveau ma nuque, doucement, légèrement presque imperceptiblement, comme un souffle… Tout ceci n’est pas si désagréable. C’est même la première fois qu’un homme me touche ainsi.

C’est même la première fois qu’on homme me touche, tout simplement. Exceptés de rapides contacts, volontaires ou non. Et une fois de plus, je frissonne. J’ai presque honte de me l’avouer, mais c’est même… agréable. Moi qui pensais avoir affaire à une brute, qui m’égorgerait à moitié pour me vider de mon sang avant de s’en aller… Je crois que à force d’entendre des horreurs sur les vampires, j’ai fini par me faire un tas de préjugés sur eux. Et celui-ci n’est vraiment pas comme les autres. C’est comme si il tentait de me mettre le plus en confiance, le plus à l’aise possible, et tenter de me faire le moindre mal qu’il puisse. Attention que j’apprécie. Je me suis comportée comme une idiote avec lui.

J’ignore ce qu’il va faire à présent. Me mordre, très certainement… idiote. A ton avis, que peut-il faire d’autre ? Il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives.
Je sursaute. Apparemment si en fait. Le contact glacé de la lame sur mon cou me faire sursauter, et je me retiens pour ne pas hurler. Mes mains blanches se crispent sur les accoudoirs, mes jointures deviennent livides. Je regarde droit devant moi, essayant de lutter contre la panique qui m’envahit. A-t-il l’intention de me trancher la gorge… ? Non, non… Réagis donc Sylvane !
Et pourtant, je ne fais pas un seul geste. Je reste là, immobile, raide, incapable de faire un seul geste. Et un infime gémissement de douleur s’échappe de mes lèvres lorsque la lame pénètre dans la peau fine de mon cou. Mais ce n’est pas aussi douloureux que je ne le pensais. Et surtout – enfin, je pense – beaucoup moins qu’une morsure. Dans un sens, je lui suis reconnaissante de faire ça. Vraiment, je me suis trompée sur son compte. Une grimace s’affiche sur mes lèvres lorsque je sens le couteau bouger dans ma chair, mais déjà il le retire. Laissant le sang couler le long de ma gorge, teintant ma peau pâle d’une traînée écarlate.

Et, une nouvelle fois, je frémis. Je frémis en sentant son souffle chaud sur mon cou. Et ce n’est qu’à présent que je me rends compte que, depuis le début, mon cœur bat la chamade. J’en ai presque mal. Le souffle court, j’inspire profondément avant de m’immobiliser quand il récupère le sang qui coule le long de ma blessure. Nouvelle crispation. Mes doigts se referment un peu plus sur les accoudoirs de la chaise. Et je m’obstine toujours à regarder droit devant moi. Le visage livide. Et puis je sens quelque chose de doux, délicat sur ma peau. La caresse d’une étoffe. Légèrement étonnée, je tourne doucement la tête vers le vampire, un air interrogatif sur mon visage. Vraiment, il a pensé à tout… Je suis d’ailleurs quelques peu effrayée par cette méticulosité qui fait froid dans le dos, comme si, au fil du temps, la chose était devenue presque un rituel, un acte qu’il accomplissait avec un geste précieusement calculé, à la seconde près. Mais d’un autre côté… Je lui suis reconnaissante. Reconnaissante d’avoir fait tout ça, uniquement pour m’épargner une souffrance inutile. J’ai assez vécu pour savoir que ce genre de pensées n’est pas caractéristique de chaque être vivant sur Terre.

Le silence qui règne à présent semble presque étouffant. Du moins, pour lui. Moi j’y suis habituée. J’aime cette sérénité, ce calme. Mais, étrangement, cette fois-ci, le bruit de nos seuls souffles – calme et régulier pour lui, saccadé et bruyant pour moi – me perturbe, me mets mal à l’aise. C’est pourquoi, lorsque je l’entends prononcer ce mot, ce tout petit mot, certes, mais qui a tant de valeur à mes yeux, je lui en suis éperdument reconnaissante. Doucement, je détache ma main de l’accoudoir où elle était si crispée, pour la lever, lentement, et la poser sur l’étoffe blanche qui est toujours apposée sur mon cou. Effleurant à peine ses doigts au passage. Un faible sourire fait son apparition sur mes lèvres, illuminant mon visage, et, lentement, je prononce ces quelques mots, infiniment précieux pour moi, et ceux qui m’avaient jadis connue :


- Non, c’est à moi de vous remercier. Merci à vous…

Déjà, je détourne le regard. Comme gênée par cette brusque prise de parole. Mais trop tard. Au moins, il saura que je ne suis pas muette. D’ailleurs, qu’attend-t-il ? Il est toujours planté dans mon dos, muet. Présence qui me gêne et m’effraye à la fois. Mais d’un autre côté, il s’est montré si doux à mon égard. Je ne peux le chasser comme ça, et surtout sans un mot.
Et puis, maintenant que je lui ai adressé la parole… Autant continuer, il risquerait de penser que je me moque de lui, ou pire encore. A nouveau, je tourne la tête vers lui, levant mes yeux émeraude vers son regard. Nullement gênée par ces yeux bleus si… différents des autres.


- Je m’appelle Sylvane.

C’est tout ? Oui. Et amplement suffisant. A lui de voir ce qu’il en fera… Mais au moins, j’aurais un nom à ses yeux, désormais.

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 23 Sep - 14:50

Elle est restée extrêmement crispée durant toute « l’opération ». C’est compréhensible. Je ne sais pas comment je réagirai moi-même, si un jour, je devais me faire mordre par un autre vampire… Comme si rien que cette idée me suffisait à avoir mal au cou, je passe doucement ma main libre sur la nuque, que je masse brièvement. Je replace ensuite rapidement mon bras le long de mon corps, le cessant de fixer le tissu blanc que je tiens entre mes mains. Déjà, une tache rouge apparaît. Il ne faut pas bouger l’étoffe, la laisser sur la coupure, pour que cela cicatrice le plu rapidement possible. Je m’en veux soudain. J’aurai du penser à prendre de l’alcool ou quelque chose de ce genre. J’ai certes désinfecté le couteau, mais pas la plaie. Je cherche autour de moi, mais bien entendu, il n’y a rien ici qui pourrait faire office de désinfectant… Je devrai aller en chercher, je ne veux pas qu’elle attrape une saloperie par ma faute. Oui mais alors, sil ne faut pas que cela cicatrise, pas avant que je n’aie pu mettre quelque chose sur la plaie. Ma m’apprête à m’en aller explorer la demeure, pour trouver ce que je cherche, mais je sursaute alors soudainement. Son visage s’est retourné vers moi. Son air n’est pas mauvais, pas méchant, même pas craintif… Il est juste interrogateur. J’avoue que ma façon de procéder n’est pas commune. Mais pourquoi aurai-je voulu lui faire du mal, alors que j’avais la possibilité de ne la faire souffrir que très légèrement… a morsure d’un vampire est douloureuse, certes, mais la mienne l’est particulièrement. Mes canines sont très courtes, pour un vampire, Aussi, je suis obligé de mordre avec force pour faire faire couler un peu de sang dans le cou de mes…. Victimes. Je ne peux pas trouver d’autres mots pour qualifier ces pauvres falmaris que j’ai déjà mordu au court de ma vie…

Presque gêné par ces yeux posés sur moi, je baisse le regard. Je n’aime pas qu’elle me regarde… Je n’ai jamais aimé qu’on me regarde. Enfin… Non, en fait, ça n’a pas toujours été le cas. Avant que je ne devienne… « Ça », j’appréciais qu’on me regarde. Parce que j’étais quasiment certain que les gens me trouvaient beau. J’avais un physique agréable, passe partout, qui plaisait à tous ou presque. Mais maintenant, le contraste entre mon physique passé et celui que j’ai actuellement, me fait rougir de honte dès que quelqu’un pose son regard sur moi. Et c’est encore pire quand ces yeux sont ceux d’une personne aussi belle et délicate que cette jeune femme. Elle est tout ce que je ne suis plus. Je ne suis pas jaloux, à quoi bon… Elle a de la chance, c’est tout. J’espère pour elle qu’elle pourra toujours garder un tel physique, car la retombée quand on le perd est douloureuse, très douloureuse. Quoi qu’il en soit, je ne peux pas soutenir son regard. Ses yeux verts me font presque… Peur. J’ai peur du jugement qu’elle est sûrement en train de faire sur moi en ce moment même. Perdre mon physique de rêve m’a légèrement fait devenir paranoïaque sur les bords…

Ses doigts effleurent les miens. J’avais presque oublié… Sa peau en plus d’être douce est chaude. Elle a du être troublé par la mienne, anormalement lisse et froide. Je recule vivement ma main, comme si ce contact m’avait brûlé. Elle tient à présent le tissu elle-même sur sa plaie. Cela va me laisser le temps d’aller chercher de quoi désinfecter la plaie. Déjà, je fais un pas en direction de la porte, dos à elle. Mais je stop, en l’entendant me remercier… Je tourne vivement la tête pour la regarder, elle, petite silhouette fine que j’aperçois devant la fenêtre. De là ou je suis, elle n’est à nouveau pour moi plus qu’une silhouette noir, en contre jour, à cause de la lumière de la lune, ce soir, elle est pleine. Je la vois, par la fenêtre, là, juste derrière la jeune falmari. Ce spectacle est féerique. Un petit sourire, tout petit sourire se dessine sur mon visage. C’est beau… C’est tout ce que je peux dire. Cela fait tellement longtemps que chaque jour, chaque semaine, je ne voyais que la même chose… que le spectacle sombre et triste des cages s’entassant autour de la mienne… Maintenant, le moindre rayon de lune m’émerveille. La lumière me manquait. Pas la lumière du soleil bien entendu… Je suis un être de la nuit, et j’aime la lumière de l’astre de cette dernière. Et pendant 5 longues années, je n’ai pu qu’imaginer que je reverrais un jour cette clarté argentée éclairer une scène telle que celle-ci…

Je suis tellement perdu dans mes pensées, que je n’entends qu’à peine les paroles de la jeune femme. Je n’ai pu entendre que son nom, Sylvane… Oui, elle ne devrait pas être ici, mais dans la forêt, même son prénom cri qu’elle n’a pas sa place en ville. Ce nom doit être directement tiré du mot « sylvain », adjectif en rapport avec la forêt… Je ne sais pas pourquoi je réagis ainsi, mais, à nouveau dos à elle, je poursuis ma route, jusqu’à la porte. Je tourne la poignée et l’ouvre. Enfin, finalement, je me tourne à nouveau vers elle. Un rayon de lune se reflète dans mes yeux pâles, ce qui els fait briller, alors que le reste de mon corps se trouve pour elle dans l’obscurité la plus totale. Et je dis à mi-voix :


-David…

Je quitte alors a pièce, et arrive dans le couloir. J’ai vu en arrivant hier, la salle de bain, dont la porte était entrouverte. Je devrai pouvoir y trouver ce que je cherche. J’y vais donc d’un pas assez rapide, et entre dans la pièce baigne totalement dans le noir. Mais qu’importe, je n’ai pas besoin d’allumer la lumière. Je me dirige vers l’armoire de toilette que j’ouvre. J’espère juste qu’Eirnol ne va pas arriver… Je ne sais pas comment il réagirait en me voyant fouiller dans ses affaires. Et les humains sont tellement bornés… Je suis certain que même si je lui expliquai ce que je recherchai, et ce pourquoi je le recherchai, je me ferai passer un savon… Je soupire, et trouve enfin une bouteille d’alcool à 90 degrés. Je la prend donc avec moi, et retourne dans la chambre de Sylvane.

Elle n’a pas bougé. Elle est toujours là, assise sur la chaise. Silencieusement, je m’approche d’elle. J’ai bien remarqué que parler lui pesait, je ne veux pas lui forcer la main en l’obligeant à converser, si elle n’aime pas cela… De toutes façons, j’y suis habitué… Je n’ai pas eu de vrai conversation avec qui que ce soit depuis des années. Cela me manque. Je n’avais pas la langue dans ma poche avant. Mais maintenant… Et bien… Je n’ai plus l’occasion de discuter, et comme je viens de le dire, cela me manque… Je soupire, en avançant à nouveau vers elle, pour me replacer derrière la chaise, comme tout à l’heure. Elle tient toujours le bout de tissu, la tache rouge qu’il y avait dessus s’est agrandit. Cela prouve que ce n’est pas encore cicatrisé, parfait. Délicatement, je prends sa main, pour qu’elle lâche l’étoffe blanche. Le prend ensuite cette dernière, et l’imbibe avec un peu d’alcool. Je m’apprête alors à l’appliquer sur la plaie, mais je m’arrête, je ne commettrai pas la même erreur deux fois.


-Cela risque de picoter un peu…

Je mets alors le mouchoir sur sa coupure. Je la frotte, pour la nettoyer correctement, pendant quelques secondes, très doucement, très délicatement. J’ai beau avoir un physique de… Comment dire… « bourrin », je suis toujours très délicat, surtout dans ce genre de situation.
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Sylvane Lothiriel
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 23 Sep - 17:03

Lorsque mes doigts ont effleurés les siens, sa main s’est reculée, vivement, brusquement même. Comme si il était gêné par ce contact. Sa peau est froide. Un peu surprise par cette brusque réaction, je sursaute, et laisse tomber l’étoffe blanche qui commence à se tacher de sang. D’un geste vif, je la rattrape, et la presse – un peu fort d’ailleurs – contre ma plaie. Et le regarde s’éloigner. Où va-t-il ? L’aurais-je blessé, effrayé par quelque geste, quelque parole ? Pourtant, je n’ai rien fait d’autre que de le remercier, et de lui dire mon nom… Voilà pourquoi j’évite à tout prix d’adresser la parole à quelqu’un. Si c’est pour lui faire mal ensuite, à quoi bon… ? Frustrée, et quelque peu amère, je détourne le regard en le voyant ouvrir la porte. Et voilà. La soirée se termine sur cet épisode. Il a eu ce qu’il voulait, à présent, il s’en va. C’était ce que je voulais pourtant, non ? Qu’il fasse ce qu’il avait à faire, et qu’il s’en aille. Mais là… Bizarrement, je me sens mal à l’aise en le voyant s’éloigner. Je n’ai pas envie que cette rencontre se termine sur une mauvaise impression. Et puis, qu’est-ce qui l’empêcherait de faire comme tous les autres vampires à l’avenir ? Se contenter de me mordre et de boire mon sang, sans se soucier de ce que je pouvais éprouver. Après tout, qui s’en soucierait ? Eirnol ? Pas si il n’était pas au courant. Et je n’irais certainement pas dénoncer le jeune vampire. Ce n’était pas vraiment mon genre. Et puis, à quoi bon de toutes manières ?

Et, alors que je le croyais déjà parti, sa voix résonne dans la pièce. Surprise, je tourne à nouveau la tête, juste au moment où il franchit la porte. Interloquée, et surtout complètement perdue, je le regarde partir, toujours assise sur cette chaise, ma main toujours posée sur mon cou, tenant, serré entre mes doigts, ce mouchoir blanc teinté de taches écarlates. Un air quelque peu… stupide sur le visage. Vous voyez l’air de quelqu’un surpris ? Et bien, c’est exactement cet air que j’avais en ce moment même. Et un léger sourire vint à nouveau se peindre sur mes lèvres. Apparemment, il ne m’en voulait pas…

Laissant échapper un léger soupir, j’écartais légèrement le tissu de ma plaie, histoire de voir si le sang cessait de couler. Peine perdue, car lorsque je passais mes doigts sur l’entaille, je les retrouvais tachés de ce liquide rouge, qui contrastait vivement avec la pâleur de ma peau. A nouveau, je soupirais, avant de les essuyer de la pièce de tissu et de replacer celle-ci contre l’entaille. Pourtant, il n’avait pas coupé profond… Pourquoi est-ce que cela saignait ainsi ? Doucement, je détourne mon regard, pour le poser sur la lune que l’on peut apercevoir à travers la fenêtre. David… Un beau nom. Simple. Mais beau. Finalement, tandis que je laisse mes yeux se perdrent dans le ciel d’encre, je me dis que j’ai quand même de la chance… J’ai de la chance dans mon malheur, la chance d’être tombée sur un maître doux et bon et un vampire attentionné. La preuve que d’ailleurs, il ne faut pas se fier aux apparences… Avec sa stature imposante, ses yeux bleus et sa peau grise, il pouvait paraître dur, effrayant, pire encore peut-être même. Mais en fait…

C’est sur ces pensées que j’entends soudain un bruit de pas qui résonnent de nouveau dans le couloir. Et que je le vois revenir. Une bouteille emplie d’un liquide qui m’est inconnu à la main. Mais que fait-il ? Perplexe, je lui lance un regard, ne sachant comment réagir. A quoi bon lui poser la question, je pense que l’air qui se peint sur mon visage résume toutes les phrases du monde. Et lui, silencieux, comme moi, vint se glisser derrière la chaise, comme tout à l’heure. A nouveau, je tremble. Que va-t-il faire ? N’en a-t-il pas assez eu ? A-t-il l’intention de recommencer ? Il est vrai qu’il ne s’est contenté de très peu. J’en ai d’ailleurs été surprise. Moi qui pensais que cela prendrait du temps, qu’il profiterait de l’occasion pour apaiser sa faim comme il se devait. Mais je m’étais trompée…
Tout à coup, je sens ses doigts sur les miens. Sa main sur la mienne. Que fait-il ? Le souffle court, je ferme les yeux, et libère le carré de soie blanche que je tiens toujours entre mes doigts tremblants. Le lui rendant, sans aucune résistance, aucune question. Même si, au fond de moi, j’appréhende un peu la suite des évènements. Que voulez-vous ? Je suis ainsi… Je ne connais rien de cette ville, de ce monde, des vampires, des humains… Tout est nouveau, tout est émerveillement, ou au contraire, dégoût et horreur. Je n’ai jamais apprécié le changement. Surtout brutal, comme ce qui venait de m’arriver ces derniers jours…

Une nouvelle fois, la voix du vampire – dois-je dire David ? Peut-être… Il m’a donné son nom, je devrais peut-être l’utiliser alors… Reprenons, la voix de David donc - me tire de mes pensées. Quoi ? Piquer ? Mais de quoi ? La réponse à ma question vient tout de suite lorsqu’il appuie l’étoffe contre ma plaie, geste qui me fait grimacer. De l’alcool. Je vois… J’ai compris. Ce n’est pas trop tôt d’ailleurs. Je devrais songer à aller me coucher, je commence à divaguer là… Toutes ces émotions me pèsent, je me sens si lasse d’un coup…
Silencieuse durant toute « l’opération » je laisse finalement échapper un timide
« merci » quand il s’arrête enfin. Doucement, je relève la main, délogeant délicatement la sienne pour tenir à nouveau le tissu pressé contre la coupure. Je me sens légèrement… mal à l’aise. Je ne sais quoi dire. Ni quoi faire. C’est curieux. Je ne me suis jamais sentie mal à l’aise avec personne. D’habitude, les gens avaient le choix entre partir ou se faire à mon caractère… particulier. Là, je crois que je n’ai pas le choix. A mon tour de me faire aux autres…
Et, curieusement, je pense que cela peut être une bonne chose. La solitude commence à me peser ici, dans cette immense maison. Mis à part Eirnol, il n’y a personne. Alors, autant créer quelques liens, mêmes infimes, avec l’unique être ici qui pourrait un tant soit peu comprendre ce que je ressens. Mais je ne sais pas. Je bloque. Faire la conversation, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Comme pour dissimuler le malaise qui m’habite, je me lève, doucement, abandonnant la chaise sur laquelle j’étais assise depuis maintenant une bonne dizaine de minutes, ainsi que l’homme qui se tiens derrière, pour m’appuyer contre la fenêtre. Observant une fois de plus cette ville endormie, baignée par la lumière de la lune. Ce spectacle m’apaise. Je n’apprécie guère Galway – trop bruyante, trop peuplée à mon goût – mais je dois avouer que la vue est magngifique d’ici. L’un des seuls avantages de vivre ici… Effleurant les pétales d’un lys posé sur le rebord en bois, je retiens mon souffle quelques instants, silencieuse, avant de tourner mon regard vers David. Un air doux et bienveillant sur le visage. Il peut rester si il le désire, ou s’en aller. Parler, ou rester silencieux. Il ne me dérange pas. Au contraire même, sa compagnie me fait du bien. Je me sens… plus calme, apaisée par sa présence. Curieux non ? Alors que quelques instants auparavant, j’étais terrorisée, à présent, je me sens bien. Etrange…

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 23 Sep - 17:53

A la seconde même où j’applique le tissu sur son cou, je sens les muscles de ses épaules se contracter, c’est sûrement à cause de la douleur. Comment lui dire que je devrai faire cela une fois par semaine… A moins qu’elle ne soit déjà au courant. Je ne suis pas certain de cela… Elle semble être au service des hommes depuis peu. Comment le saurais-je ? Et bien… Je ne sais pas vraiment comment expliquer cela… C’est une intuition… C’est après avoir vu comment elle se comportait… Les falmaris habitués à être mordus ne se comportaient pas de la même façon. Il y avait tout d’abord ceux qui refusaient obstinément de se laisser approcher, ceux qui offraient leur cou sans plus de cérémonie, et ceux qui faisaient quelques recommandations avant de donner nous laisser les mordre. Mais elle… Elle était restée silencieuse et tremblante… La pauvre ne devait pas savoir ce qui l’attendait… De plus, son cou ne comportait aucune cicatrice, non, aucune. Sa peau pâle était parfaitement lisse, c’est pourquoi je m’en voulait plus que d’ordinaire… Ce geste que j’allais répéter de façon hebdomadaire allait abîmer son corps si parfait. Je savais trop bien ce que cela faisait, mais… Je n’avais pas le choix. Le sang se trouvant dans le cou était très oxygéné, puisqu’il allait directement au cerveau. Si je l’avais coupé ailleurs, dans un endroit plus discret par exemple, j’aurai du prendre une quantité bien plus élevée de ce liquide rouge… Je soupire, tout ceci n’est qu’une impasse…

Encore une fois, elle vient remplacer ma main, en l’effleurant de la sienne. Cette fois ci, je ne recule pas précipitamment comme la dernière fois. Il faut vraiment que je m’habitue à ce sentiment qui bouillonne en moi, celui qui donne l’impression de sans cesse dégoûter les autres, et il faut aussi pour mon bien être, que j’apprenne à l’ignorer. J’ai eu 5 ans pour m’habituer à ma nouvelle apparence. Mais jamais jusqu’ici, ou presque, je n’ai eu à en souffrir. Pour la simple et bonne raison que je passais mes journées dans le noir, à ne côtoyer personne ou presque. Les seuls gens que je voyais étaient les vendeurs – et je n’avais pas de raison de me sentir complexé par rapport à eux- quelques mioches vampires, à qui je faisais peur –je dois avouer que ça, ça me blessait profondément- et un ou deux maîtres, qui passaient à coté de ma cage sans me regarder, pour acheter les plus jeunes dans les cages d’à coté. Et moi, je restais dans mon coin, à n’adresser la parole à personne, me renfermant sur moi-même. N’ayant donc aucun contact humain (ou vampire dans mon cas), je n’ai jamais eu à me soucier de ce qu’on pouvait penser de moi. Mais là, brusquement, je viens de rentrer à nouveau dans la vraie vie, avec tout autour de moi… Des gens… Et dans certains cas –je regarde Sylviane- des gens au physique extraordinaire. Il faut que je m’y habitue, il faut que je m’y habitue… Je ne cesse de me répéter cette phrase. Mon bras vient donc se remettre naturellement le long de mon corps. Que dois-je faire maintenant. Je ne veux pas retourner dans ma chambre, je ne veux plus, non plus jamais, être seul…

Je ne peux pourtant pas rester ici indéfiniment. C’est sa chambre, je ne veux pas l’importuner de ma présence, qui semble tellement la terrifier. Pourtant, je reste là, planté sur place. Le simple fait d’être dans une pièce avec une autre personne, même si cette dernière ne parle pas, me réchauffe le cœur. Parce que je ne suis plus dans une cage, parce que je ne suis plus assis dans l’obscurité seul, à broyer du noir. Perdu dans mes pensées, je sursaute presque quand j’entend le bruit de ses pas, et sent qu’elle passe tout près de moi, pour s’approcher de la pièce. Je n’avais même pas remarqué qu’elle s’était levée. Maintenant c’est elle qui me fait sursauter, c’est le monde à l’envers… Je la regarde tristement s’appuyer contre la fenêtre. Son regard au dehors est troublant… J’ai alors un pincement au cœur. Décidemment, ces créatures ne sont pas faites pour être enfermées. J’éprouve un profond respect pour les falmaris, malgré ce que je leur fais subir chaque semaine… Leur peuple m’intrigue et m’émerveille. Ils peuvent, parait il, prendre forme végétale. J’ai beau avoir côtoyé des falmaris durant toute ma vie, jamais je n’ai eu l’occasion de voir un spectacle si extraordinaire. Prendre la forme d’une plante que l’on doit protéger… L’idée est tellement poétique. J’essaye de m’imaginer, cette jeune femme, en plante. Mais quelle serait elle… Une fleur. Je ne sais pas la quelle, mais cette femme ne peut être qu’une fleur, pâle et délicate, pâle comme sa peau, et délicate comme sa silhouette. Mes bras descendent le long de son bras, pour voir ses doigts effleurer une plante… Sylvane… Pâle et délicate comme le lys…

Comme elle reste ainsi à regarder au dehors, sans m’adresser mot ou regard, je suppose qu’elle préfère que je prenne congé. Après tout, elle n’a accepté ma présence ici que parce que son maître lui a ordonné de se laisser mordre non ? Enfin son maître… Notre maître devrais-je dire. J’ai moi aussi eu droit à des recommandations. « La falmari qui te nourrira est une femme très douce, je t'interdis de lui faire délibérément du mal » Je comprends à présent mieux ces mots. Oui, je comprends… Je n’ai qu’un œil à jeter vers cette jeune femme pour comprendre. Pourquoi un homme voudrait garder le corps de son esclave intact si ce n’est pour… Je frissonne. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Dès que le corps n’est plus assez bien pour l’humain, il abandonne son esclave sans le moindre scrupule… Il ne veut pas que je l’abîme parce qu’il veut sûrement la… Comment… Comment pourrait il vouloir profiter d’une telle personne ? Je les hais… Je hais tous les humains. En plus d’avoir asservit les falmaris, il s’en servent comme esclaves sexuels, ça, je le savais déjà. Mais pourtant, à chaque fois que j’en ai la preuve sous les yeux, cela me révolte, à chaque fois un peu plus… Je ne peux rien pour elle… Encore une fois jeune pétale de lys, pardonnez moi, pardonnez mon impuissance à ne pouvoir faire quoi que ce soit pour vous.

Je me dirige doucement vers la porte, pour m’en aller pour de bon cette fois ci. Je jette un dernier regard à la rousse, et m’aperçois qu’elle me regarde. Troublé, je cherche alors quelque chose à dire. Finalement, les mots sortent seuls de ma bouche, de façon presque automatique, et je lui dis :

-Votre place n’est pas ici…

C'est vrai... Elle devrait être parmi les siens, dans la forêt. Cette pensée me tient cloué sur place, et je reste planté là, dans l'entrebaillement de la porte...
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Mer 26 Sep - 22:58


Finalement... Je me rends compte que, dans certains moments, la compagnie a du bon. Qu’elle soit humaine ou non. Et même si il n’est guère plus loquace que moi, la présence de ce jeune vampire m’apaise. Je ne suis plus seule, je ne suis plus l’unique personne dans cette situation. Esclave… Quel horrible mot. Je crois que je ne m’y ferais jamais. Les hommes sont si… cruels. Comment ont-ils pu envisager un jour d’asservir les leurs – ou presque – dans l’unique but de satisfaire leurs désirs et améliorer leur existence ? Je frémis rien que d’y penser. Avant, avant… Tout cela n’était pas ainsi. Rien n’était pareil. Avant…
Oh et puis, à quoi bon se lamenter sur le passé ? Cela ne sert à rien. Rien ne changera, rien… Autant accepter, et vivre avec son temps et sa condition. Même si cela m’est difficile. La seule chose qui me console – même si cela peut vous paraître égoïste – c’est que je ne suis pas seule dans mon malheur. Il y a… lui.

Plongée dans ma contemplation de la nuit, je pose finalement mon menton dans la paume de ma main, mon coude appuyé sur la fenêtre, le regard perdu dans l’obscurité du ciel. Un jour… Un jour tout ceci ne sera plus qu’un mauvais rêve. Un jour… Un jour, je m’en irais.
Et lui, que pense-t-il de tout ceci ? J’ignore quelles peuvent être ses pensées ? Se plairait-il ici ? Ou au contraire, ne rêvait-il que d’une seule chose, s’en aller, tout comme moi ? Je n’ose lui poser la question. Mais, honnêtement, qui se plairait dans une condition d’esclave ? Même si nous étions bien nourris, vêtus, logés, je doute que soient nombreux les gens se faisant à cette idée d’être privés de liberté. A nouveau, mon index libre se promène sur le pétale soyeux du lys blanc posé à mes côtés. Je crois que les plantes étaient bien la seule chose qui m’aidait à tenir ici. Maigre consolation dites-vous ? Pour vous peut-être oui, mais pour moi, certainement pas. Je l’ai toujours dit, j’ai toujours été plus à l’aise et plus heureuse avec les plantes qu’avec les hommes. Beaucoup moins bavardes.
Et surtout beaucoup moins compliquées.



-Votre place n’est pas ici…

De quoi ? Je sursaute, légèrement effrayée par ce bruit soudain. A vrai dire, j’étais si songeuse que je ne l’ai même pas entendu se lever et partir. C’en est presque effrayant… Cet homme est comme une ombre, discret, silencieux, invisible. Doux et redoutable à la fois. J’éprouve d’ailleurs un mélange de respect et de crainte à son égard. Non pas à cause de son aspect, mais de ce qu’il est. De son comportement, de son attitude. Je ne le comprends pas, et cela m’effraye. J’ignore ce qu’il veut réellement. Enfin… Tout cela pour revenir à ce qu’il vient de dire. Ma place n’est pas ici… Evidement qu’elle ne l’est pas. Si il ne l’avait pas dit sur ce ton, je penserais presque qu’il s’amuse à se moquer de moi. Remuer le couteau dans la plaie. Comme si je ne le savais pas… Retenant péniblement mes larmes, je ferme les yeux et détourne le regard, restant silencieuse un instant. Et pour finalement lâcher ces quelques mots :

- La votre non plus…

Où est-elle exactement ? Je l’ignore. Mais sûrement pas dans un appartement en plein centre-ville, et encore moins au fin fond d’une mine. Finalement, je ne suis peut-être pas aussi malchanceuse que ça. Moi, je passe mes journées ici, à aider ou à accompagner Eirnol, soit à m’occuper du peu de choses à faire dans cette maison et de mes plantes. Et lui…
Pendant un bref instant, je me sens gênée, compatissante à son égard. Est-ce pour cela d’ailleurs que je prononce cette phrase ? En tout cas, je n’aimerais pas être à sa place :


- Vous… Pouvez restez encore un peu, si vous le désirez…

Vue la manière dont je prononce ces mots, l’on pourrait croire que cela me coûte. Non, au contraire. C’est bien la première fois que je demande à quelqu’un de rester avec moi. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai du mal à m’exprimer. J’espère qu’il ne le prendra pas mal…
Comme pour exprimer ces paroles, je lui désigne un des sièges de la pièce d’un signe de tête, un timide sourire aux lèvres. Je ne sais pas vraiment que dire, ni que faire. Je pense que lui proposer à boire serait un peu… déplacé, surtout en de telles circonstances. Une fois, mais pas deux dans la même soirée.

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Ven 28 Sep - 22:43

Je ne peux pas voir ses yeux briller, à cause des larmes qu’elle retient obstinément, larmes qui menacent de couler par ma faute. Par les paroles maladroites que j’ai dis… Je ne me suis pas rendu compte de la maladresse de mon geste. Mes mots m’avaient échappé, sans que je puisse rien faire. Quoi qu’il en soit, elle me rend mes paroles. Je ne sais pas si elle a raison. Après tout… Les vampires n’ont pas leur propre milieu naturel à ce que je sache… Avons-nous toujours été au service des humains ? Je ne pense pas… Mais alors… Où était mon peuple avant, avant cette aire d’esclavage… D’où venons nous ? Je me rends compte, et ce n’est pas la première fois, que même si un jour je devenais libre, ne n’aurai nulle part où aller… Je hais les humains, mais pourtant Eirnol a raison, je ne pourrai rien sans eux… Ils me logent, me nourrissent, m’habillent, me protègent de la lumière du jour, pour certains….

Je baisse le visage. Je ne sais quoi lui répondre. Mais elle se trompe. Malheureusement, ma place est bien ici… Ma place n’est pas dans une cage, c’est tout ce que je peux dire. Ces années enfermé, et coupé du reste du monde m’ont presque fait perdre la raison. Je n’ai réussi à tenir que parce que parce que j’avais un peu de lecture ici et là… Sinon… Je ne sais pas dans quel état je serai aujourd’hui… Je serai encore là bas sûrement, enfermé, me balançant d’avant en arrière en me tenant le visage…

-Vous vous trompez… Ma place est bel et bien ici…

C’est alors qu’elle me propose de rester. Mais vu son ton… Cela emble lui peser. La pitié… C’est ce sentiment qui je crois, a poussé Eirnol à m’acheter. Je secoue doucement de la tête. De toutes façons, j’ai moi aussi besoin d’être seul. La digestion du sang est lente et douloureuse. Ce n’est pas le cas chez tous les vampires, mais chez moi si. Déjà, je sens que j’ai mal au ventre. C’est le passage dans mes cellules de tous les éléments nécessaires à ma survie… Cela me fait toujours cela. Mon organisme n’est pas le même que celui d’un humain, pourtant, j’en suis en partie un… Ce doit être pour cela que c’est douloureux chez moi, et pas chez les autres…

-J’ai pour ordre de ne pas vous importuner. Je vous laisse. Passez une bonne nuit. Et… Encore pardon.


Je quitte alors la pièce, pour me diriger vers ma chambre. Je ferme le volet, au cas ou je m’endorme. Je ne voudrai pas être réveillé par les brûlures du soleil sur ma peau. Je me jette ensuite sur mon lit, serrant mon oreiller contre mon ventre, en fermant les yeux. Ce que cela peut être douloureux…
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Sam 6 Oct - 16:51

Sans un mot, je reste là, Impassible, silencieuse. Les yeux toujours brillants de larmes, qui refusent obstinément de couler. Pas maintenant. Pas devant lui. Hors de question. Doucement, je me laisse tomber sur l’une des chaises, le fixant toujours de mon regard émeraude. Lui, de son côté, semble hésiter. Le visage baissé, les yeux rivés au sol, une main sur la figure. Gêné ? Culpabilisé ? Je l’ignore. Qu’a-t-il donc… ?

-Vous vous trompez… Ma place est bel et bien ici…

Je reste muette à ces mots. Est-il résigné à ce point ? Qu’a-t-il dû endurer pour en arriver jusque ici ? Est-ce possible de renoncer de la sorte, au bout de longues années de servitude ? Un frisson désagréable me parcoure l’échine. J’ai peur. Peur de l’avenir, et de ce qu’il me réserve. Finirais-je un jour comme lui ? Vidée de toutes mes forces, de toute ma combativité ? Résignée à vivre dans ce monde qui n’est pas le mien… ? Je refuse. Je ne veux pas…

Et sa réponse à ma question me surprend. Un ordre ? M’importuner ? Mais que…
Déjà, il s’en va. Avant que je n’ai pu dire quoi que ce soit, faire le moindre geste. Eirnol… Dans ce sens, j’apprécie son geste, cette idée qu’il ai voulu m’épargner des souffrances inutiles. Mais en ce moment même, j’aurais préféré qu’il ne lui dise rien. Car à présent, je me sens mal à l’aise. Et plus que ça encore. Cette excuse, à la fin de sa phrase… Comme si il avait honte de ce qu’il venait de faire. Mais devait-on se justifier d’appartenir à son espèce ? La nature a créé les vampires ainsi, elle devait avoir ses raisons. Je ne puis le haïr pour une chose dont il n’est pas responsable.

Mais il y a encore autre chose… Il semblait… souffrant. A un instant, j’ai cru discerner un rictus de douleur sur son visage. Oh, pas longtemps. Juste une fraction de seconde. Mais peut-être n’était-ce qu’une illusion… Après tout, il fait si sombre dans cette pièce, malgré la lueur de la lune…

C’est pourquoi je me décide finalement à me lever, pour sortir de ma chambre et marcher d’un pas léger dans le couloir, essayant de faire le moins de bruit possible. Non seulement, je me sens mal à l’aise vis-à-vis de David, mais si en plus il ne se sent pas bien… Finalement, je m’arrête devant la porte de sa chambre, à peine entrebaillée, hésitant quelques secondes. Peut-être a-t-il envie de rester seul, tout comme moi auparavant. Mais c’est plus fort que moi. Et si il avait besoin d’aide ? Si il lui arrivait malheur, Eirnol m’en voudrait. Et je ne me le pardonnerait jamais. C’est pourquoi je toque finalement contre le panneau de bois. Un bruit discret, à peine audible. Je me sens comme une gamine tout à coup. Mon cœur bat la chamade, je tremble. Je ne sais même pas pourquoi. J’espère simplement ne pas avoir commis d’erreur…

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 7 Oct - 16:06

Je respire profondément, en espérant que cela va atténuer la douleur que je ressens. Mais rien… Je me passe la main sur le front. Je sais que dans une petite demie heure, il n’y paraîtra plus, c’est la même chose à chaque fois. Je devrai pourtant m’habituer à la douleur, et à chaque fois… J’ai toujours aussi mal. Je me masse doucement le ventre avec la main, en fermant les yeux. Je soupire. Voilà, ça va un peu mieux. En quelque sorte… C’est ma punition. Je fais mal à quelqu’un pour pouvoir vivre, donc, en retour, je vis, mais moi aussi je souffre… Je me retourne, pour m’allonger sur le ventre, et enfouir ma tête dans l’oreiller. Voilà, je me détends, cela va un peu mieux, ça va mieux, ça va mieux, je n’ai plus mal…. Mais qu’est ce que je raconte ! Je me remets furieusement sur le dos. Qui a dit que la méthode coué était efficace ! C’est n’importe quoi !

Je lâche un juron entre mes dents, quand j’entends qu’on frappe à la porte. Est-ce que mon maître bien aimé aurait été réveillé par mes pas dans le couloir ? Bien entendu, leur ouïe est si fine, si délicate, comme eux… C'est-à-dire pas des masses. Je peste, et le relève, le bras sur le ventre, pour aller ouvrir. Au moins, il a tenu sa promesse, il n’est pas entré sans prévenir comme bon nombre d’humains l’auraient fait. Il a frappé, et attend que je vienne lui ouvrir. Je pourrais aussi ne pas lui ouvrir… Oui tiens, ce n’est pas bête. Puisque d’après ses propos, il ne se permettra jamais de pénétrer dans ma chambre, je peux rester à l’intérieur, et avoir la paix. Bah… Je n’y crois pas. Il ne se privera pas d’entrer de toutes façons. Ce n’est encore qu’un mensonge. On ne peut pas trop lui en demander après tout, ce n’est qu’un humain… Donc, que j’ouvre où que je n’ouvre pas, cela revient au même… Sauf que si j’ouvre de mon plein gré, je conserverai cette image de vampire soumis que j’ai, jusqu’à présent, réussi à avoir, du moins, à peu de choses près. Donc, j’ouvre la porte, et je jette un coup d’œil assassin à la personne venue me troubler.


-Quoi ?!

Je sursaute alors. Ce n’est pas Eirnol ! Merde… Je viens de me montrer agressif envers la jeune femme qui m’a nourrit… Je baisse le regard, honteux. J’étais pourtant persuadé que… J’aurai du être moins impulsif, et au moins prendre la peine de voir qui était la personne à ma porte… Je ne sais pas trop quoi dire. Elle me met tellement mal à l’aise… Depuis que nous nous sommes vu, je n’ai jamais osé la regarder en face. Et ce qui vient de se passer… Ne va pas arranger les choses.

-Pardonnez moi, je… Je vous ai pris pour quelqu’un d’autre.

Un spasme de douleur me secoue, et cela se voit sur mon visage durant une fraction de seconde, mais de toutes façons, ma tête et basse. Je serre les dents, avant d’aller m’asseoir sur mon lit, pour me calmer.

La jeune femme ne doit rien y voir. Il n’y a pas la moindre lumière dans la chambre. Il n’y a que la faible lumière du couloir qui éclaire très légèrement l’intérieur de la pièce. De toutes façons, il n’y a rien à voir. La pièce est exactement comme quand je suis arrivé. Je n’ai rien changé… Très petite… Un lit, une armoire, une commode, une fenêtre… Voilà tout. Le seul espace libre se trouvait devant la fenêtre, sinon, il n’était pas vraiment pratique de s’y déplacer. L’espace entre l’armoire et le lit ne devait faire qu’un mètre cinquante, peut être même moins.J'avais fais exprès de prendre la chambre la plus petite de l’appartement, pour ne pas être trop… « Dépaysé ».
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Sylvane Lothiriel
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Sam 20 Oct - 17:14


Pas de réponse. Peut-être dort-il déjà ? Ou ne m’a-t-il tout simplement pas entendue… Je l’ignore. Mais je ne frapperais pas une deuxième fois. Et si il ne voulait pas me voir ? Il doit sûrement avoir envie de rester seul. Je m’apprête donc finalement à regagner ma chambre, lorsque la porte s’ouvre soudainement, brutalement même. Sur un David assez… furieux je dois dire. Et, bien qu’il fasse nuit, je n’ai aucun mal à capter la lueur qui brille dans ses yeux. Je frémis sous la violence du ton, et baisse les yeux, reculant d’un pas. Et bien… je dois avouer que j’étais loin de m’attendre à un tel accueil. Froid, peut-être, mais tout de même… Mes joues s’empourprent vivement et je me mords la lèvre inférieure, ne sachant que répondre pour me justifier, ni comment me comporter. Le plus simple serait tout de même de s’excuser, non ?


-Pardonnez moi, je… Je vous ai pris pour quelqu’un d’autre.

J’ouvre la bouche, pour la refermer aussitôt, étonnée. Pardon ? Attendez, c’était à moi de le faire ça ! Je venais le déranger dans sa chambre, le seul endroit où il pouvait être un tant soit peu tranquille, et il s’excusait ? Du moins, c’était ce que je pensais, jusqu’à entendre la fin de sa phrase.
Je vois… M’aurait-il confondue avec Eirnol ? L’idée me fait sourire. Je n’en ai pas vraiment la carrure, ni l’apparence. L’homme le harcèlerait-il donc à ce point ? Aussitôt, je me rembrunis. Je n’ai pas vraiment d’affinités avec ce vampire – après tout, je ne le connais que depuis une vingtaine de minutes – mais je l’apprécie tout de même. Et le fait d’imaginer Eirnol le traitant comme un esclave, ou pire encore, me révulse.
Et le fait que David ait brusquement pris un air désolé et qu’il semble tout à fait mal à l’aise n’arrange rien à mon état.


- Relevez la tête… Murmurais-je, c’est à moi de m’excuser de vous avoir dérangé. Mais vous m’avez semblé souffrant en quittant la pièce…

Je marque une pause, reprenant mon souffle, les yeux toujours baissés.


- Je voulais simplement m’assurer que tout allait bien… Terminais-je timidement.

C’est drôle, mais, en disant cela, j’ai l’impression de rougir encore plus. Je n’ai pas vraiment l’habitude de montrer aux gens que je m’inquiète pour eux, et encore moins de tenir une aussi longue conversation avec quelqu’un. Cela me fait vraiment… bizarre. Mais peut-être n’est-ce pas plus mal. Si Eirnol s’était montré plus que patient avec moi jusqu’ici, peut-être ne tolèrera-t-il dorénavant plus une esclave muette sous son toit ? Je frémis. Tout sauf retourner là-bas…

Mais pendant que je m’amuse à me répandre en excuses et justifications, je le vois frissonner et se crisper, avant de tourner le dos et d’aller s’asseoir sur ce que je devine, à travers l’obscurité de la pièce - être son lit. Aussitôt, je relève la tête, et, légèrement inquiète, le suis pour me pencher doucement vers lui, mordillant à nouveau ma lèvre inférieure.


- Que se passe-t-il ?

Mes yeux émeraude scrutent nerveusement le visage du jeune homme, cherchant une réponse dans les traits de ce dernier, m’efforçant de voir à travers la pénombre qui règne dans la chambre. Instinctivement, ma main se porte à ma hanche, cherchant la petite bourse de cuir brune qui y pendait habituellement, accrochée à une ceinture de la même matière. Et un soupir s’échappa de mes lèvres lorsque ma main ne rencontra que le tissu du vêtement que je portais. J’avais oublié que tout m’avais été pris lorsque le village avait été pillé. Mes poings se serrent, et, culpabilisante, je me redresse, baissant le regard. J’aurais voulu faire quelque chose pour lui, l’aider, même si cela n’aurait servi à rien. J’aurais au moins eu l’impression d’avoir fait quelque chose…

Doucement, je pose ma main sur la sienne, la serrant légèrement entre mes doigts. N’y voyez pas quelconque avance ou sentiment personnel, c’est un simple geste, sans aucune arrière-pensée. Simple, spontané, sincère.


- J’aurais aimé faire quelque chose pour vous… Mais je crois que, en ce moment même, ceci est au-dessus de mes moyens… Murmurais-je d’une petite voix, le regard fixé sur le sol.

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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 11 Nov - 21:44

Je reste muet à ses paroles. Je n’aime pas que les gens sachent l’état dans le quel je me trouve après m’être restauré. De plus… Elle risque de culpabiliser, alors qu’encore une fois, elle n’y est pour rien… Assis sur mon lit, je contracte mon poing, et serre les draps, pour ne pas laisser paraître ce mal qui me ronge de l’intérieur. Un rictus de douleur s’affiche brièvement sur mon visage. Non… Elle ne doit pas savoir… Ni elle, ni ce légume aux cheveux bleus… Ni personne d’autre d’ailleurs. Je soupire, inspirant puis expirant profondément. Je ne trompe personne…Elle a déjà été bien gentille de venir avec l’intention de s’occuper de moi… Et je l’inquiète…

-Ce n’est rien… Merci à vous, c’est très gentil de votre part mais… Je me porte bien, c’est normal… Juste un tout petit peu… Mal au ventre.

Je sais bien que m’aider est hors de ses moyens. Je ne lui demande rien, si ce n’est de ne pas s’inquiéter… elle est en face de moi… Je regarde mes pieds, je n’ose toujours pas la regarder, elle m’intimide trop, je la respecte trop pour ne serait-ce que plonger mon regard dans le sien. Depuis notre rencontre, quand je la regarde, ce n’est que Succinctement, et jamais, au grand jamais, je ne regarde son visage. La vue de son corps m’intimide déjà bien assez… Pourtant… alors qu’un silence pesant s’installe, je me sens l’envie de redresser le visage. Que fait elle… Je la sens prêt de moi, mais je ne saurai dire ce qu’elle fait, quel regard elle peut bien être en train de poser sur moi, si elle me regarde bien sur…

Timidement, doucement, je lève la tête. Je vois ses jambes, sa main serrant la mienne (mon dieu, que ce contact me met mal à l’aise !), son ventre… Et tout à coups… Le drame. Je m’aperçois qu’elle est penchée vers moi, et qu’elle porte un haut plus ou moins décolleté, me donnant une vue parfaite sur ses…


-Oh mon dieu…

Mes yeux s’écarquillent, en une fraction de seconde, je deviens tout rouge (je ne pensais pas qu’il puisse un jour y avoir à nouveau des couleurs sur mon visage). Je reste figé quelques instant, ne sachant que faire ou dire. Croiser accidentellement son regard, c’est une chose, mais là… Là… Je sens les muscles de mon corps se contacter tous ensembles, tandis que brutalement, je me mets en boule, enfouissant mon visage dans mes mains, et en reculant, et, je me mets à répéter sans cesse

- Pardon pardon pardon pardon pardon, pardonnez moi, je suis désolé désolé désolé désolé….


Je me suis recroquevillé contre le mur, m’éloignant le plus possible d’elle. Là c’est sur, je ne pourrais plus la regarder en face, déjà que cela ne m’était que péniblement possible avant… Idiot, idiot ! Pourquoi ai-je levé le visage ?! Pourquoi ne me suis-je pas contenté de parler le regard bas, comme d’habitude !?
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MessageSujet: Re: Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]   Dim 18 Nov - 0:08

Il ne me répond pas. Il ne me regarde même pas. Que lui ai-je donc fait pour qu’il m’ignore de la sorte ? L’ai-je insulté, blessé, heurté sans m’en rendre compte ? Non, je ne crois pas, même si je n’ai pas été d’une familiarité et d’une chaleur excessive envers lui, je ne lui ai quand même pas craché à la figure… Ce silence me gêne, me blesse même. Mais pour l’instant, celui de nous deux qui semble le plus souffrir, c’est bien cet homme dont le visage est crispé par la douleur. Un soupir s’échappe de mes lèvres, tandis qu’il me remercie. Normal dit-il ? Etrange… Aurait-il donc à supporter ce genre de mal à chacun de ses… « repas » ? Aussitôt, je me mords les lèvres, emplie d’un brusque élan de culpabilité. Et en même temps, j’ai envie de rire. Je suis condamnée à donner mon sang à ce vampire, et je culpabilise d’être en partie responsable de sa douleur ? Un triste sourire étire mes lèvres. Curieux paradoxe.

Doucement, je repose mes yeux sur David… et m’aperçois avec surprise que ce dernier relève lentement la tête. Un sourire encourageur se peint sur mon visage, même si il ne peut le voir. Et une pensée me vient à l’esprit. L’impressionnerais-je ? Serait-ce la timidité qui l’empêcherait à ce point de me parler, et même de me regarder ? Non, tout de même… pourquoi un homme aurait-il peur d’une femme telle que moi ? Surtout qu’il est plutôt en position de supériorité face à moi. Je ne peux guère me vanter de posséder des canines pointues et acérées, ou d’avoir un jour effrayé quelqu’un par mon seul regard. Et soudainement, je me rends compte de ma main toujours posée sur la sienne. Oh. Quelle idiote je fais. Il semble déjà assez intimidé ainsi, et en plus fallait-il que j’en rajoute ! J’espère qu’il ne prendra pas mal ce geste, ou ne pensera pas que je cherche à me rapprocher de lui d’une manière disons plus… intime. Et, alors que je m’apprête à me relever, un murmure s’échappe des lèvres de David.


-Oh mon dieu…

Surprise, je baisse à nouveau les yeux vers lui. Ai-je mal entendu ? Non, il me semble que oui, j’ai encore toute ma raison. Mais qu’a-t-il donc ? Et, brusquement, je comprends tout. Son visage rouge – lui qui était si pâle l’instant d’avant, quel brusque changement ! – ses yeux écarquillés, et moi, penchée…
En une fraction de seconde, mes joues rougissent aussi violement au moins que celles du vampire, et, effarée, je me redresse brusquement, rouge de honte. Qu’est-ce que je peux être négligeante parfois ! Rajustant précipitamment le lien qui ferme le haut de la robe blanche que je porte, je balbutie toutes sortes d’excuses, excuses qui se perdent dans les paroles de David. Mon Dieu. Recroquevillé contre le mur, le visage enfouit entre ses mains, il répètes ses mots comme si cela était une prière à mon égard. Me supplierait-il de l’épargner ? Ridicule voyons, l’épargner de quoi ? S’attend-il à ce que je me mette à hurler, que je le gifle, que j’appelle Eirnol ?

Encore tremblante de honte et de gêne, je me penche à nouveau vers lui – en faisant bien attention, cette fois, à ce qu’aucun millimètre de peau ne soit dévoilé par le tissu -, m’apprêtant à poser ma main sur son épaule, geste que je suspends presque aussitôt. Non. Il semblerait que mon contact le gêne déjà affreusement, alors inutile d’en rajouter.


- David… Soufflais-je, essayant d’attirer son attention.

Je marque une pause, attendant qu’il lève les yeux vers moi, ou du moins qu’il m’écoute, si ce geste semble au-dessus de ses forces.


- David… Répétais-je, calmez-vous. S’il vous plait. Ajoutais-je précipitamment. C’était un accident, ce n’est pas grave, vous m’entendez ? Ce n’est pas grave…

Que faire, que faire ? Oh, j’espère réellement qu’il ne m’en voudra pas, qu’il saura oublier cet épisode. Je n’ai nullement envie que cet incident empiète sur notre relation. Enfin, si l’on peut parler de relation entre un vampire et un falmari… Mais tout de même, sa réaction m’intrigue. Un homme se serait contenté de détourner le regard, un autre de s’excuser poliment, un autre peut-être aurait même continué à profiter sans vergogne ? Mais lui… Songeuse, je reste silencieuse, debout devant lui, légèrement penchée, attendant qu’il daigne se calmer…

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Qui craint le grand méchant loup...? [ David ]
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